Le cheval blanc avance au pas, le fusil relevé, le cavalier assis très droit dans son burnous. Le fond est d'un orange plein, sans horizon, sans décor, et il ne reste que la seconde qui précède le coup de feu. La tribu retient son souffle, elle aussi.
La tbourida réunit des cavaliers alignés qui lancent leur monture au galop et tirent tous ensemble, sur un seul temps. Un cheval trop rapide, un doigt trop lent, et la charge est ratée. Pratiquée dans tout le Maroc lors des moussems, elle est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, et l'affiche en retient le silence d'avant plutôt que le vacarme.
La tbourida ne se raconte pas, elle se sent battre dans la poitrine longtemps après.








