Une piste rouge serpente jusqu'à disparaître dans les collines, et un véhicule seul y soulève un panache de poussière. Tout est de la même couleur : le sol, les reliefs, le ciel, jusqu'au petit soleil planté trop haut. Rien ne donne l'échelle. On ne sait plus si la piste fait dix kilomètres ou cent.
Entre Ouarzazate et Zagora, les pistes du sud du Maroc traversent des plateaux caillouteux où le regard n'a plus rien à quoi s'accrocher. La chaleur fait vibrer l'air au ras du sol et invente des lacs qui n'existent pas. L'affiche joue de la même illusion, un camaïeu de rouges et presque aucun détail.
Le sud avale les distances, et personne n'y arrive jamais tout à fait.








