L'homme descend le chemin, l'âne suit, et le bleu occupe tout le reste. Une djellaba claire, un chapeau de paille tressée, deux couffins chargés de menthe fraîche et une couverture rouge à franges posée sur l'échine de la bête. Ils ne posent pas, ils passent.
La scène se répète chaque matin dans les campagnes du Maroc, du Rif aux vallées de l'Atlas, sur le chemin des souks hebdomadaires. Personne ne la photographie, personne ne s'arrête pour la regarder. C'est le genre de banalité qui devient précieuse une fois qu'on vit ailleurs, et l'affiche lui donne l'attention qu'on réserve d'habitude aux monuments.
Ce qu'on cesse de regarder finit toujours par manquer, une fois loin.








