La silhouette qui s'éloigne
Un homme en djellaba avance sur un chemin de terre, capuche relevée, dos tourné, déjà en partie fondu dans le paysage. On ne saura jamais son visage ni où il va, seulement qu'il marche d'un pas régulier, sans hâte et sans retour.
La figure du chemin
Cette silhouette encapuchonnée traverse tout l'imaginaire du Maroc, des campagnes du Rif aux pistes du sud. Le voyageur anonyme y est une figure ancienne : celui qui part, celui qui revient, celui dont on garde la démarche en mémoire longtemps après son passage.
Reconnaître quelqu'un
L'absence de visage rend la silhouette plus intime encore. Dans cette démarche, ce dos courbé et cette façon d'avancer, beaucoup reconnaissent un père, un grand-père ou une présence familière, quelqu'un qui a marché ainsi, un jour, devant eux.
Un visage qu'on ne voit pas, et pourtant on sait déjà qui c'est.




